Des étoiles de Medellín à la terre du Cameroun.
J'ai 24 ans lorsque j'atterris pour la première fois en Colombie en 2013. Je me rappelle chaque détail de cette nuit-là : la descente vers Medellín dans une vieille voiture bleu roi des années 90, et ce tapis de lumières qui s'étendait dans la vallée comme un océan d'étoiles. Ce fut un coup de foudre immédiat qui allait durer toute une vie.
En 2014, je m'envole pour le Cameroun pour une mission en ONG dédiée à l'agriculture locale et à l'émancipation des femmes. Là-bas, mon regard sur les injonctions esthétiques bascule : en observant le rapport libre et fier des femmes africaines à leur propre corps, je comprends que les standards occidentaux que je m'imposais ne sont pas universels.
« Je ne voulais pas simplement fabriquer des produits cosmétiques. Je voulais que chaque création finance un geste de transmission qui dépasse le cadre de la beauté. »
Après ce déclic, je retrouve la Colombie en 2015 et c'est dans ma petite cuisine à Bello, dans la banlieue de Medellín, que je commence à fabriquer mes propres soins cosmétiques. Je n'ai pas encore l'intention de créer une entreprise, juste d'apprendre à prendre soin de moi. Très vite, les amies et les voisines m'en demandent et c'est la naissance d'Ocre. Pendant huit ans, le projet grandit de manière organique, sans capital ; avec mon équipe, nous formons plus de 800 femmes et voyons naître une dizaine de micro-entreprises cosmétiques lancées par nos élèves.


